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Ondine, l'histoire d'une vie

 
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Mooncat


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MessagePosté le: Mar 8 Jan - 02:12 (2008)    Sujet du message: Ondine, l'histoire d'une vie Répondre en citant

Ondine, l’histoire d’une vie

Résumé
Ce texte est un one-shot. Il s'agit du tout premier texte (autres que des "poèmes") que j'ai écrit, il y a bientôt deux (XD... trois en fait) ans. Le rating est -12 ans pour des questions légales uniquement.

Rating
- 12 ans

 

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MessagePosté le: Mar 8 Jan - 02:12 (2008)    Sujet du message: Publicité

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Mooncat


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MessagePosté le: Mar 8 Jan - 02:12 (2008)    Sujet du message: Ondine, l'histoire d'une vie Répondre en citant

Un froissement de drap, une main qui sort et se dresse tel un serpent sous la flûte du charmeur… Un bâillement, puis un soupire… Ondine se réveille. Elle se redresse, paresseusement sur ses oreillers. Elle s’étire lascivement… Ses yeux se promènent dans la pénombre de la chambre, pour finir par se poser sur la silhouette, allongée près d’elle. De la douceur infinie se lit dans son regard...

« Il dort encore, se dit-elle »

Dans un geste d’une infime légèreté, elle soulève le drap. Elle s’assoit sur le rebord du lit, sa tête penchée vers l’avant. Ses pieds encore engourdis par le sommeil cherchent mollement les pantoufles… Elle s’étire, toujours dans le silence absolu. Il ne faudrait pas qu’elle le réveille. Elle se lève, hagarde et perdue. Elle commence son parcours dans la pièce si familière : la commode à la droite du lit, trois pas plus loin, la petite chaise blanche où chaque soir il dépose ses vêtements. Sur la gauche, la grande armoire, venue d’un temps ancien… Elle continue sa progression, maladroite et gracieuse, tel un funambule sur son fil. Enfin la porte… Sans bruit, Ondine l’ouvre. Elle traverse le couloir et s’arrête au niveau de la première fenêtre. La faible clarté du jour qui commence à poindre agresse ses yeux. Elle plisse son visage pour mieux regarder dehors : les plaines qui s’étendent à perte de vue, le ciel pâle annonciateur d’une belle journée de printemps. La beauté de ce matin levant la replonge dans ses souvenirs.

Elle se revoit, enfant, regardant par cette même fenêtre un paysage similaire. Elle se souvient du temps, où, petite fille, elle pensait que la vie ne pouvait être plus belle que dans ces moments-là. Elle revoit son adolescence. Elle était plutôt d’un tempérament rebel. Qui ne l’aurait pas été dans l’ambiance familiale où elle vivait ? Mélancolique, elle sourit et continue son voyage dans le passé. La jeune fille qu’elle était ressentait tellement de souffrances et de tourments… Sa famille… sa chère famille… Un père autoritaire, qui savait manier le verbe aussi bien que le ceinturon… Son père pour qui le paraître était plus important que l’être. Certes, grâce à lui, elle savait cacher les blessures que les gens qui jalonnent une existence peuvent vous infliger, mais il ne lui avait pas appris que la vie ne se limitait pas qu’aux apparences. Que les hommes n’étaient pas soit du bon côté comme elle, soit de l’autre bord, celui des parias, des rebus… Il ne lui avait jamais dit que dans la vie, si on ne sait pas aimer, on ne peut pas être aimé en retour… Et surtout, il ne lui avait jamais dit qu’une vie sans amour ne valait pas la peine d’être vécue. Que seuls les sentiments donnaient à l’existence sa texture, sa saveur et sa consistance ! Son père… Bien sûr, elle l’aimait, du moins c’est ce qu’elle croyait… Pas d’un amour filial authentique, mais juste parce qu’il devait en être ainsi : les enfants aiment toujours leur père ?

Et sa mère, si douce et si désespérée… Longtemps elle l’a haïe et détestée pour ce qu’elle lui avait fait. Pourquoi l’avait-elle abandonnée l’été de ses quatre ans ? Pourquoi, un jour, son père était entré dans sa chambre et lui avait froidement annoncé que sa mère était partie ? Sa mère… Elle avait compris à présent que c’était la façon élégante et protectrice que son père avait trouvée pour lui dire que sa mère s’était suicidée. Mais à quatre ans, que connaît-on à ces subtilités de langage… Elle revoit la cérémonie : tous ces gens qui pleuraient, tout ce noir et cette boite… Son cœur se serre… A quatre ans que connaît-on de la mort puisqu’on démarre à peine la vie ? Elle se souvient du jour où elle a compris la vérité… La veille de ses seize ans… Elle se souvient de ce qu’elle avait ressenti : désespoir, trahison, haine… Et puis, elle se souvient du rasoir, des lames, du sang et de l’eau qui coule… Elle se souvient de l’après « ça » comme disait son père, comme si on pouvait traiter l’envie de mourir d’une adolescente comme un objet, un « ça »… Elle affiche un sourire en coin, triste et amer… Ses yeux se perdent dans le vague…

Et puis vinrent les jours heureux… Sa rencontre avec lui… Quelque chose de banal mais de si extraordinaire à la fois. Elle revoit le premier jour : ses yeux vert pâle luisant de vie et de tendresse, la petite fossette qui est née à la commissure de ses lèvres quand ils se sont parlé, la candeur de son visage, éclairée par la douce lumière d’un soir d’août, les boucles châtains frissonnant sous la brise légère. Elle se souvient du moment où par un heureux hasard leurs regards se sont croisés… Dès qu’elle l’a vu elle a su, elle l’a reconnu… Elle était à lui et il lui appartenait déjà…

La voilà, dix ans plus tard, debout devant la fenêtre contemplant la nature, un sourire aux lèvres… Un souffle tiède vient se poser sur sa nuque et la sort de ce passé, son passé. Des bras l’enlacent et des mains viennent se poser sur son ventre rebondi. Une voix douce et chaude vient murmurer à son oreille :

« Alors comment allons-nous l’appeler ? »

Ondine ne dit rien… Sa tête se penche doucement vers l’arrière… Elle sourit, radieuse. Ses yeux se ferment pour mieux photographier et immortaliser son bonheur. Ondine enfin se sent comblée.  

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